6.2. Connaissances

6.2.1. Considérations générales et vocabulaire


Le terme de « handicapé » réduit la personne à être définie par une caractéristique, à savoir le handicap. L’expression de « personne handicapée » insiste, quant à elle, sur le fait que le handicap n’est qu’une caractéristique parmi d’autres d’une personne morale et donc qui est digne de respect en tant qu’être humain.

L’expression « porteur de handicap » insiste sur le fait que le handicap serait une caractéristique inhérente à la personne. Elle possède une dimension biologique et médicale.

L’expression « personne en situation de handicap » insiste sur le fait que le handicap est une relation entre une personne et son environnement. Le handicap n’est plus uniquement une question médicale, mais devient également une question sociale. L’action de la société en matière d’accessibilité peut avoir un impact sur la situation de manière à accentuer ou réduire la situation de handicap.

La notion même de « handicap » peut être questionnée. Certaines personnes aux notions de « handicap moteur » ou de « handicap mental » préfèrent parler de « diversité fonctionnelle » ou de « neurodiversité » (par opposition aux personnes « neurotypiques »). Dans ce cas, il s’agit de remettre en cause le fait de définir la particularité comme un manque et plutôt d’insister sur le fait qu’une différence ne devrait pas entraîner d’évaluation normative.

La loi n° 2005-102 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées dans son article 114 définit la notion de handicap de la manière suivante : « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. » Un handicap peut être évolutif ou non évolutif.

On parle ainsi de « validisme » ou de « capacitisme » pour désigner la norme implicite à partir de laquelle les personnes en situation de handicap sont jugées d’une manière déficitariste par rapport aux personnes valides. La critique de la normativité de la société et de l’approche médicale du handicap a en particulier été mise en avant par le courant du « modèle social » du handicap.

En France, une personne sur six est en situation de handicap et 80 % des handicaps sont invisibles. Les femmes sont surreprésentées (54 %). Au moins, 20 % des personnes en situation de handicap ont un polyhandicap.

La situation de handicap conduit à des discriminations systémiques aussi bien à l’école, dans les relations interpersonnelles, dans le logement, l’emploi ou encore dans l’accès aux loisirs.

L’handiphobie désigne la discrimination à l’égard des personnes en situation de handicap.


Pour aller plus loin

  • Les chiffres clés du handicap en France (2017)
  • Blanc Alain, Sociologie du handicap, Paris, Armand Colin, 2015.
  • Fillion Emmanuelle, Ravaud Jean-François, Ville Isabelle, Introduction à la sociologie du handicap : histoires, politique et expérience, Louvain-la-Neuve, De Boeck supérieur, 2014.
  • Goffman Erving, Stigmate : les usages sociaux du handicap, Paris, Minuit, 1975.
  • Quentin Bertrand, La Philosophie face au handicap, Toulouse, 2013.

 

6.2.2. L’école face aux situations de handicap

- La déclaration internationale de Salamanque de 1994 affirme la nécessité de l’inclusion scolaire en particulier pour les élèves en situation de handicap.

- La loi de 2005 pose le principe selon lequel la scolarité des élèves doit être effectuée en situation ordinaire. La scolarisation en institution spécialisée doit être l’exception.

- En France, la notion d’école inclusive tend à être réduite à la prise en charge des élèves en situation de handicap et plus généralement à l’inclusion des élèves à besoin éducatifs particuliers (EBP) à savoir : allophones, enfants des gens du voyage, élèves intellectuellement précoces, enfants malades, mineurs en situation carcérale et enfants en situation familiale ou sociale difficile.

- Nombreuses sont les familles qui sont confrontées à des difficultés de scolarisation de leurs enfants en milieu ordinaire du fait entre autres d’établissements scolaires qui ne sont pas accessibles.

- Les enseignants se plaignent souvent d’un manque de formation à l’accueil des élèves en situation de handicap et du manque d’assistantes de vie scolaire (AVS).

- L’école est de plus en plus confrontée à une augmentation des diagnostics liés à des « troubles neuro-développementaux ». Selon le Manuel de diagnostic et de statistique des troubles mentaux (DSM), les troubles neuro-développementaux regroupent en particulier : les troubles de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH), les troubles du spectre autistique, les troubles dys (dysphasie, dysgraphie, dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie, etc.). Il est donc possible de remarquer que les troubles neuro-développementaux regroupent en partie des troubles spécifiques de l’apprentissage (dys et TDAH).

- Selon sa gravité, un trouble neuro-développemental peut ouvrir le droit ou non à une reconnaissance de handicap. La notion de handicap cognitif, reconnu par la loi de 2005, englobe ainsi plusieurs de ces troubles neuro-développementaux.

- Certains troubles neuro-développementaux sont, sans doute, sous-diagnostiqués comme l’autisme chez les jeunes filles car les caractéristiques en sont méconnues.

- Les enseignants lorsqu’ils sont interrogés sur la place des enfants en situation de handicap à l’école tendent à insister sur l’importance de la socialisation au détriment des apprentissages.

- Les élèves en situation de handicap sont des élèves à risque de subir un harcèlement scolaire. C’est le cas par exemple des élèves autistes.

- Le pourcentage d’élève en situation de handicap diminue au fur et à mesure de la scolarisation.

- La diversité des orientations des élèves en situation de handicap est réduite. Ils sont surreprésentés à l’université.

- À l’université, en particulier, les étudiants peuvent être confrontés au manque d’accessibilité des supports d’enseignements.


Pour aller plus loin



Modifié le: mardi 5 juin 2018, 13:10