3.3. Action

Voici quelques pistes d’action pour mettre en place une pédagogie antisexiste :

1. Faire un diagnostic des interactions sexuées dans la salle de classe à partir de grilles d’observation et favoriser une répartition plus égalitaire des interactions

Il peut être par exemple pertinent de réfléchir à des activités qui paraissent anodines, mais qui en soit ne contribuent pas à lutter contre les stéréotypes de sexe et les discriminations, comme compter les filles et les garçons en maternelle. Personne ne songerait à compter les noirs et les blancs, les valides et les invalides, alors pourquoi compter les filles et les garçons ?

Pour favoriser des interactions plus égalitaires, les enseignants peuvent par exemple décider d’interroger alternativement un garçon et une fille.

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2. Adopter un langage plus inclusif pour lutter contre le sexisme de la langue

Il est possible d’avoir un langage qui est moins sexiste en féminisant les titres et les professions, en évitant lorsque cela est possible de recourir à « Mademoiselle ».

Il est possible également de remplacer « filles et garçons » par « élèves » qui est plus neutre, d’utiliser le terme « personnes » pour visibiliser le féminin.

Prenez des exemples aussi bien de filles que de garçons dans les exercices.

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3. Utiliser des supports pédagogiques qui ne reproduisent pas les stéréotypes de sexe et qui peuvent même être contre-stéréotypés parfois

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4. Veillez à une répartition sexuée égalitaire des espaces scolaires

- En maternelle soyez attentif à l’organisation des coins jeux et à la manière dont les élèves les occupent en fonction de leur sexe.

- Prendre des mesures pour faire en sorte que la cour de récréation donne lieu à une organisation plus égalitaire de l’espace en proposant par exemple un roulement des activités de jeux.

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5. Intervenir lorsque vous assistez à une scène sexiste verbale ou de violence physique : ne pas intervenir c’est laisser penser qu’il y a une impunité de la part des adultes par rapport à ce type de comportements.

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6. Organiser des séances de sensibilisation aux préjugés sexistes et à la lutte contre les inégalités sociales de sexe :

  • Apprendre à reconnaître des stéréotypes sexistes.
  • Informer sur les inégalités sociales entre hommes et femmes.
  • Sensibiliser à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
  • Lutter contre les stéréotypes sexistes dans les orientations professionnelles et les métiers.

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7. Mettre en place des ateliers non-mixtes pour discuter de certains sujets sensibles

L’Éducation nationale autorise les enseignants à démixer les activités pour favoriser la lutte contre les discriminations. C’est par exemple le cas lors d'un cours sur l’éducation sexuelle.

- Proposer aux filles des activités qui les aident à développer leur confiance en elles-mêmes et leur pouvoir d’agir dans des situations où elles sont réputées manquer davantage d’assurance par rapport aux garçons : prendre la parole en public, poser des limites, réagir à une agression verbale ou physique…

- Proposer aux garçons des activités susceptibles de développer une masculinité positive : apprendre à exprimer ses sentiments, exercices de communication non violente, réflexion sur le respect du consentement sexuel…

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Pour aller plus loin

  • « Hen » ou la pédagogie du neutre en Suède. La Suède est, selon les indicateurs internationaux, le pays à l’égalité femme/homme la plus avancée. Cela tient en particulier à ses politiques publiques. L’école maternelle Egalia, entre autres, pratique une pédagogie du neutre, où « il » et « elle », tendent à être remplacées par un pronom neutre « hen ».
  • Naima Anka, Fanny Gallot et Gael Pasquier: Enseigner l'égalité filles-garçon, la boîte à outils du professeur, Dunod; 2018

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Modifié le: vendredi 14 décembre 2018, 09:05